Ce que j’ai lu ce soir-là m’a glacé le sang.


Une dizaine de commentaires affluaient, presque tous disant la même chose : ce symbole était utilisé pour désigner quelqu’un, marquer une cible, un avertissement silencieux avant quelque chose de beaucoup plus grave. Certains parlaient de groupes ésotériques, d’autres de menaces anonymes, d’une sorte de rituel moderne pour signaler qu’une personne devait être observée… ou punie.

Je sentais mes mains trembler sur le clavier. Chaque nouveau message semblait plus sombre que le précédent.

« On laisse ça sur la voiture avant d’agir. »
« C’est un signe d’avertissement. Tu dois te méfier. »
« Quelqu’un t’a choisi, et ce n’est jamais un hasard. »

Mon cœur battait dans ma gorge. Je relisais ces mots encore et encore.
Qui m’avait « choisi » et pourquoi ?
Je n’avais jamais eu de problèmes avec personne. Je n’avais pas de dettes, pas d’ennemis connus, rien qui pourrait expliquer que ma voiture devienne soudainement un message silencieux et sinistre.

Ce soir-là, je n’ai pas dormi. Chaque ombre derrière ma fenêtre me semblait menaçante. Chaque craquement dans les murs résonnait comme un pas approchant. J’avais l’impression qu’on m’observait. Qu’on attendait que je baisse ma garde.
La nuit était lourde, suffocante. À chaque heure je regardais l’horloge, incapable de fermer l’œil, comme si dormir pouvait m’exposer au pire.

Le lendemain matin, quand je suis descendu à la voiture, mes jambes ont failli se dérober sous moi.
Ce n’était plus une simple branche brûlée.

Sur le pare-brise, attaché par un ruban sombre, un nouveau objet m’attendait : un petit sac en tissu, grossièrement cousu, d’où dépassaient des fils rouges et des fragments de bois noirci.
Je ne voulais même pas le toucher, mais je sentais que l’ignorer serait pire. Mes mains tremblaient comme celles d’un condamné lorsqu’elles ont effleuré le sac. À l’intérieur, j’ai senti quelque chose de dur, irrégulier… comme un os.

J’ai reculé brutalement, presque en chutant contre la portière.
Un os. Qui laisserait ça ? Et surtout – pourquoi moi ?

Je me suis alors souvenu d’un commentaire sur le forum :

« S’ils reviennent une deuxième fois, tu dois agir. Sinon il sera trop tard. »

J’ai passé la journée à surveiller chaque reflet, chaque silhouette dans la rue. J’avais l’impression que le monde entier s’était retourné contre moi, que j’étais soudain passé du statut de simple citoyen à celui de proie.
Je n’osais plus sortir le soir. J’évitais même la fenêtre. Le moindre bruit déclenchait en moi une panique presque animale.

Mais ce n’était que le début.

Trois jours plus tard, j’ai reçu une lettre.
Pas dans la boîte postale. Sous ma porte.
Glissée, silencieuse, comme si la personne – ou la chose – avait pénétré chez moi sans que je le sache.

L’enveloppe ne portait pas mon nom, pas d’adresse, pas de timbre. Juste un mot écrit à la main :

« Regarde derrière toi. »

Je suis resté figé sur place, incapable de respirer.
J’avais peur de me retourner.
Peur que quelqu’un soit là, derrière moi, tout près, trop près.

Mais le silence était écrasant.
J’ai lentement pivoté, le cœur prêt à exploser.
Personne.

Juste l’ombre du couloir, qui semblait soudain beaucoup plus profonde.
Et dans cet instant, une certitude glaçante s’est imposée à moi :

Ce n’était pas une blague.
Ce n’était pas un hasard.
Quelqu’un m’avait marqué.
Et ce quelqu’un se rapprochait.

Depuis ce jour, je vis avec la sensation que tout peut basculer à chaque seconde. Les caméras n’ont jamais capté de visage. Aucun voisin n’a rien vu. La police n’a trouvé aucune empreinte.
Mais parfois, tard dans la nuit, quand la maison s’endort et que les murs respirent, je sens encore cette odeur de pin brûlé, comme une trace invisible qu’on ne peut effacer.

Peut-être qu’ils reviendront.
Peut-être qu’ils me surveillent encore.

Et si demain matin, sur ta voiture, tu trouvais la même branche noire que moi ?
Si tu découvrais ce symbole silencieux, carbonisé, glissé sous ta poignée comme une sentence ?

Que ferais-tu…
…sachant qu’il pourrait déjà être trop tard ?

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