Sur le sol du salon, quelque chose gisait, immobile, d’une manière si étrange que je n’arrivais d’abord pas à comprendre ce que mes yeux voyaient réellement. Une petite forme d’un vert éclatant, presque fluorescent, qui ressemblait vaguement à un fragment arraché d’une plante d’intérieur… ou peut-être à un morceau d’un jouet tombé d’une étagère.
Je me suis approchée, perplexe, et je l’ai observée un long moment. La forme était trop régulière, la couleur beaucoup trop vive pour être naturelle, et ces petites excroissances sombres sur les côtés avaient quelque chose d’artificiel, comme si elles étaient moulées dans du plastique. Rien, absolument rien, ne correspondait à ce que j’avais déjà vu.
Puis j’ai penché la tête, juste un peu.
À cet instant précis, la chose a bougé.
Un frisson glacial m’a parcouru la colonne vertébrale. Le « morceau » s’est contracté, puis s’est mis à ramper lentement sur le parquet. C’est là que j’ai compris que je n’étais pas face à un objet, mais à une créature bien vivante — et profondément étrange. Ses mouvements avaient quelque chose d’inhumain, d’intrigant et d’effrayant à la fois, comme si elle provenait d’un autre monde.
Son corps émettait une teinte verte presque irréelle, si brillante qu’elle semblait briller par elle-même. En se déplaçant, la créature laissait derrière elle une trace fine, luisante, qui se mêlait à la lumière comme un filet de liquide épais. De près, c’était encore pire. L’être n’avait ni pattes, ni segments, ni yeux visibles — juste une forme lisse et compacte, impossible à rattacher à un animal connu.
Et pourtant, j’avais la nette impression qu’il sentait ma présence.

À chaque fois que je faisais un pas ou que je respirais plus fort, les petites pointes sur ses flancs frémissaient imperceptiblement. C’était comme s’il réagissait à mes gestes, à ma chaleur, à quelque chose en moi. Une tension invisible s’installait entre nous, un mélange de frayeur et de fascination qui me paralysait.
Puis soudain, tout s’est accéléré.
La créature a glissé vers l’avant d’une rapidité surprenante, comme une éclaire verte filant sur le sol. J’ai reculé brusquement, le cœur battant, tandis qu’elle disparaissait sous une table basse. J’ai cru qu’elle y resterait, mais non. Lorsque je me suis penchée un peu, elle n’y était plus. Comme si elle s’était volatilisée.
Je me suis figée, l’estomac noué.
Comment un être aussi vif en couleur pouvait-il disparaître ainsi ? Où était-il passé ? Sous un meuble ? Dans une fissure ? Ou, pire encore, déjà trop près de moi pour que je le voie ? Cette pensée seule m’a glacé le sang.
Je l’ai finalement repérée dans un coin sombre, où la lumière de la lampe se reflétait faiblement sur sa surface verte. Là, j’ai vu l’impensable : la créature grimpait lentement le long du mur. Sans effort. Sans hésitation. Comme si la gravité n’avait aucune prise sur elle. Sa progression silencieuse, méthodique, évoquait quelque chose de profondément anormal.
À ce moment-là, j’ai compris que ce n’était ni un insecte rare, ni une espèce tropicale égarée. C’était autre chose. Quelque chose qui n’avait rien à faire dans une maison, rien à faire dans notre environnement. Une créature dont je ne soupçonnais même pas l’existence.
J’ai attrapé mon téléphone d’une main tremblante pour chercher des informations, mais rien ne semblait correspondre. Et pourtant, plus j’observais ses mouvements, plus je sentais monter en moi une panique sourde. Ce n’était pas seulement sa forme, ni sa couleur — c’était l’impression qu’il cherchait un endroit pour se cacher… ou pour attaquer.
Lorsque j’ai fini par découvrir ce que c’était réellement, j’en ai eu les jambes coupées. Cette petite forme verte apparemment inoffensive était en réalité capable de provoquer de graves réactions chez l’être humain. Son apparence presque « jouet » n’était qu’un camouflage trompeur, un piège visuel. Si j’avais eu le malheur de la toucher, les conséquences auraient pu être terribles.
Je n’avais aucune idée de la chance que j’avais eue… jusqu’à ce que je lise la dernière ligne d’un article scientifique.
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