Dans la doublure de la veste du garçon se cachait quelque chose que personne n’aurait jamais imaginé.


Lorsque Antoine déchira la couture intérieure, un morceau de tissu sombre, humide et imprégné de terre tomba sur la table de la cuisine.
Le silence qui suivit fut si profond qu’on aurait pu entendre les murs respirer.

Il déploya le tissu. À l’intérieur se trouvait un petit billet froissé, aux bords déchirés, écrit d’une main tremblante.
Sophie devint livide, comme si tout son sang s’était évaporé.

Le message disait :

« Il a promis qu’il reviendrait pour lui.
Il a dit que l’enfant lui appartient.
L’enfant ne doit rien dire.
À personne. »

Antoine sentit son cœur se figer. Sophie s’appuya contre le plan de travail pour ne pas s’effondrer.

— Qu’est-ce que… qu’est-ce que ça veut dire ? murmura-t-elle.
— Qui est “il” ? demanda Antoine, bien qu’une part de lui craigne déjà la réponse.

Mais ce billet n’était pas la seule chose dissimulée.

En fouillant encore la doublure, Antoine sentit quelque chose de dur. Il sortit une petite boîte métallique rouillée, soigneusement cachée entre deux couches de tissu. La fermeture grinça lorsqu’il l’ouvrit.

À l’intérieur reposaient :

une petite bague d’enfant, tordue et ternie

une fine mèche de cheveux clairs liée par un fil

un autre billet, encore plus court — et encore plus inquiétant

Antoine pâlit. Sophie étouffa un cri.

Le second message disait :

« Je viendrai le chercher quand il sera prêt.
Tu sais qu’il n’est pas à toi.
Il est à moi. Sa mère a donné sa parole. »

Sophie porta une main à sa bouche.

— C’est une plaisanterie ! Une plaisanterie monstrueuse !
Mais à cet instant, le vieux chien noir, Truffe, grogna, un grondement profond, anormal, les yeux fixés vers le couloir sombre, comme si quelque chose s’y tenait. Quelque chose que les humains ne voyaient pas.

Antoine se tourna vers son fils.

— Léo… dis-moi la vérité. Qui t’a donné ça ? Qui a cousu ça dans ta veste ?

Le garçon se tenait dans un coin, tenant la main de son petit frère Gabin. Ses yeux clairs se levèrent lentement vers son père.

Et il murmura :

« Il vient la nuit. »

Dehors, une rafale secoua violemment la fenêtre. Sophie sursauta.
Truffe se rapprocha de l’escalier, poil hérissé, grognant comme si une présence invisible montait les marches.

Antoine déglutit difficilement.

— Qui vient ?
— L’homme… le grand homme tout noir, répondit Léo d’une voix tremblante. — Il est couvert de terre. Il se tient près de mon lit. Il dit que je suis à lui. Que je dois partir quand il m’appellera.

Sophie s’effondra sur une chaise.

— Il invente ! C’est un enfant !
Mais au même moment, Gabin se tourna vers l’escalier et se mit à pleurer d’une terreur brute, comme s’il voyait quelque chose que les adultes ne pouvaient percevoir.

Antoine serra les dents.

— On va au commissariat. Immédiatement.

Mais avant qu’ils n’atteignent la porte, Truffe surgit vers les escaliers et se mit à aboyer avec une frénésie presque sauvage, faisant vibrer toute la maison.

Antoine monta quatre à quatre. Son cœur battait si fort qu’il en avait mal.
Il ouvrit la porte de la chambre de Léo—

Et resta figé.

Sous le lit s’ouvrait un trou profond, fraîchement creusé, de la terre éparpillée partout, comme si quelqu’un avait gratté depuis l’intérieur de la maison.
Au fond du trou se trouvait une empreinte de botte immense, bien trop grande pour appartenir à un enfant.

Sophie tomba à genoux, suffoquant.

— Qui… qui a fait ça ? Qui est entré chez nous ?!

Antoine se tourna lentement vers son fils.

Léo ne bougeait pas.
Puis il dit, d’une voix presque inaudible :

« Il a dit qu’il revenait ce soir. »

Et à cet instant, ils comprirent tous :

Truffe n’aboyait pas sur l’enfant.
Il aboyait sur la présence qui se tenait déjà près de Léo —
une présence que leurs yeux n’étaient pas capables de voir.

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